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2011
All people imagine… (3e partie)
FORCEMENT IMAGINAIRE…
Avant toute chose, il semble abusif de parler de “littératures de l’imaginaire” car cette expression recouvre à la fois un pléonasme et une généralité des plus imprécises. Un pléonasme tout d’abord, parce qu’il est évident que celui qui écrit une histoire (entendez par-là une fiction) fait oeuvre d’imagination. Tout au moins, on ose l’espérer…
C’est aussi une généralité imprécise car en utilisant l’expression “littératures de l’imaginaire” on se retrouve finalement avec tous les genres littéraires fictifs sur les bras, sans pouvoir dissocier ceux qui font vraiment appel à des concepts imaginaires de ceux qui mettent simplement en oeuvre des processus de narration fictionnelle. Les romans policiers sont eux aussi des ouvrages de fiction, donc imaginaires, comme les romans historiques, les récits d’aventure ou les histoires sentimentales.
Alors, pour regrouper des genres comme le fantastique, la fantasy ou encore la SF, peut-être aurait-on été plus inspirés de parler de “littératures de l’irréel“. Mais là encore, le terme “irréel” est un peu trop… agressif. En effet, il traduit une appréciation négative, se posant comme le contraire de ce qui est vrai, de ce qui est juste. Sans compter qu’il est relativement inaproprié puisqu’une bonne partie des récits de SF ou de fantastique partent généralement d’une situation bien réelle, que l’auteur extrapole ensuite suivant un raisonnement plus ou moins spéculatif. Le terme “imaginaire“, au contraire, possède une sorte de sensualité poétique qui vient adoucir l’aspect improbable des histoires proposées et qui fait appel à une capacité qui nous est commune à tous : rêver.
Par conséquent, on garde l’expression “littératures de l’imaginaire“, et on fait le choix arbitraire d’en extraire tous les genres qui se rapportent à des fictions strictement ancrées dans la réalité, passée ou présente, pour ne conserver que les genres littéraires qui font la part belle à l’invention, à l’étrange, à l’incroyable ou encore à l’anticipation.
À suivre : Plusieurs courants pour un même genre littéraire mal aimé

[...] C’est ce que je m’emploierai à faire dans le prochain article : Forcément imaginaire… [...]
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