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2011
Une différence de taille ?
On le sait, même s’il a été parfois présenté comme une formidable chance pour la culture universelle, Internet est avant tout un formidable réseau d’autoroutes de l’information. Et c’est vrai que sur le Net, on s’informe davantage qu’on ne se cultive. Le format des contenus publiés y est pour beaucoup. La culture a besoin d’espace pour s’exprimer et développer tous les aspects du sujet traité. De son côté, l’information ne nécessite que le strict nécessaire pour pouvoir passer, quelques lignes au milieu du flot ininterrompu de données qui se succèdent sur nos écrans.
La conséquence c’est qu’on va de moins en moins en profondeur et dès qu’une information est traitée avec un minimum d’exhaustivité, elle est tout de suite reléguée au rang de “savoir encyclopédique”, terme un tantinet poussiéreux qui l’exclut du dynamisme propre aux échanges virtuels. Un peu comme si l’information était la seule à pouvoir bouger, circuler, se partager ; tandis que la culture, du fait de sa masse et du nombre de caractères nécessaires à son épanouissement, ne pouvait plus prétendre qu’au rôle subalterne de socle de connaissances. Une sorte de lest doctrinal qui donnerait sa consistance au Web et auquel il est pourrait être intéressant de se référer… parfois.
Cet article lui-même, que certains trouvent déjà un peu trop long à lire, vient de franchir le rubicond des deux paragraphes et pourrait bien lui aussi se retrouver écarté de “l’info Web” par excellence. Nous vivons désormais de dépêches et de news, notre esprit se nourrit de scoops et de brèves, et tant pis si les sujets ne sont pas creusés, dommage pour les nuances qui pourraient être apportées avec un développement plus fouillé ; quant aux erreurs d’appréciation, on fera avec. Les lecteurs d’aujourd’hui sont des zappeurs, favorisant une vision globale (mais superficielle) du monde au lieu d’une approche plus sélective qui leur permettrait d’acquérir plus profondément un savoir spécifique.
Serait-ce l’une des clés de la distinction entre amateurs et experts ? Je crains déjà d’avoir été trop long pour pouvoir entamer le débat…

Bonjour,
Questionnement très intéressant mais je ne suis pas d’accord sur l’impact des formats sur la culture. Un haïku (espace réduit) où même un tweet est chargé de culture, l’un est plus profond que l’autre c’est sûr.
C’est l’usage qu’en font les gens qui est différent.
Un blog est une encyclopédie car contenant des hyperliens comme les encyclopédies et dictionnaires papiers. Un terme, un concept, une démonstration amène vers un autre terme, un autre concept, une autre démonstration pour un lecteur curieux et soucieux d’approfondir les choses.
Je crois que les lecteurs d’aujourd’hui ne sont pas plus zappeurs que les lecteurs d’antan ! “C’était pas mieux avant !”
Encore une fois l’article m’a beaucoup intéressé !
L’enjeu est aussi commercial. “Remplir” un site d’articles courts permet de le faire grossir plus vite. En terme de référencement, c’est mieux. Il y a aussi une coévolution. Le lecteur cherche rapidement l’info, le rédacteur la donne rapidement.
Malheureusement, l’info web crée aussi une sous-culture. Le degré de lecture est réduit à un et faire réfléchir le lecteur est devenu difficile, surtout s’il surfe pour se distraire. Cependant, c’est comme pour tout, si certains se satisfont du macdo, d’autres préfère un bon petit resto.
Intéressant article, j’aime beaucoup votre site. Bonne continuation ! Au plaisir de futurs articles!
Je suis en partie d’accord avec votre analyse. C’est vrai que sans le recul nécessaire, il est facile de surfer des heures sur la toile sans but précis. Ce qui donne l’illusion de bien s’informer avec quelques brèves ici et là.
, qu’on apprend à devenir un lecteur expert.
Cependant quand on a appris à définir un projet de lecture, à sélectionner et à évaluer une source d’information, etc … le support Web, plus délicat à maîtriser, est complémentaire du support papier, plus abouti, et permet aussi d’approfondir ses connaissances sur un sujet.
Enfin c’est en grande partie à l’école, malgré ses errements sur lesquels je ne m’attarderai pas
Bien vu.
La connaissances est un océan de mystères.
On surfe sur le Web et on plonge dans la lecture.
2 expériences différentes pour lesquelles il faut 2 écritures distinctes.