jan
6
2009

Comment trouver des idées pour écrire

L’écriture est en général quelque chose de très personnel. Les méthodes de travail dans ce domaine le sont donc a priori tout autant. Néanmoins, quand il s’agit de trouver un sujet, l’on peut distinguer deux principales méthodes : l’écriture à chaud et l’écriture à froid.

L’écriture à chaud

Il s’agit en général des cas où une idée vous vient d’un coup, suite à une information ou à un élément que vous avez vue ou entendue. En général, le processus de création est, dans ce cas, assez simple : une idée surgit suite à cette information, et votre esprit en fait l’analyse et la synthèse. Et vous “rebondissez” dessus, généralement en y apportant votre réflexion personnelle, ou du moins votre “patte”.

Ce mode de fonctionnement convient bien aux articles courts, qui n’ont pas de vocation à devenir de grandes références. En langage de blogueur, appelons-les des “billets express”.

Mais nous verrons plus loin qu’il est cependant possible de combiner l’écriture à chaud avec ce que nous abordons maintenant :

L’écriture à froid

Indispensable pour les sujets qui vous tiennent à coeur ou sur lesquels vous souhaitez développer beaucoup, l’écriture à froid convient aux articles qui n’ont pas une urgence majeure, et dont la valeur ne sera pas - ou très peu - amoindrie par le temps. C’est un processus qui, lui, demande généralement de prendre son temps, de prendre aussi du recul, de se relire plusieurs fois, de se remettre en question, de se mettre à la place du lecteur, et aussi - et peut-être même surtout - de réfléchir à tout ce qui peut enrichir le document (article, livre, billet de blog) que l’on rédige.

Pour cela, il existe un processus très connu qui s’appelle le mind map. C’est une méthode qui consiste à prendre une grande feuille de papier (idéalement au format A3), et à écrire au centre de celle-ci le sujet principal du document que vous écrivez.

Ensuite, en périphérie, écrire les principaux aspects qui concernent le sujet.

Puis, aux abords de chaque sujet, détailler.

Laissez reposer, puis revenez sur votre mind map plus tard (par exemple le lendemain ou le surlendemain). Notez-y même les idées dont vous n’êtes pas certain de la pertinence, quitte à ensuite, après mûre réflexion, les barrer. Refaites cette opération autant de fois que vous le jugez nécessaire.

Vous allez vite faire un constat, selon le projet que vous avez :

- si vous écrivez un livre (texte très long), vous verrez à quel point il va s’enrichir de choses auxquelles vous n’aviez pas pensé ;

- si vous écrivez un article de presse (texte long), vous vous apercevrez très vite que vous aurez matière à faire un dossier de plusieurs articles ;

- si vous écrivez un billet de blog, vous comprendrez en fait que vous avez à portée de main une matière suffisante pour créer un blog dédié au sujet, et que vous pourrez aisément nourrir de dizaines, voire de centaines de billets.

Ces deux dernières remarques (concernant les articles de presse et les billets de blogs) permettent de souligner un point fondamental qui, bien que n’étant pas le propos de cet article, mérite qu’on s’y arrête quelques secondes : si l’information est trop riche, découpez-la (en plusieurs articles, en plusieurs billets, etc.).

Prenons, si vous le voulez bien, un exemple simple.

J’écris au centre de ma mind map le mot Automobile (nous supposons ici que je suis un fan des voitures).

Que m’inspire ce mot ? Carburant, Voyage, Design

Dans Carburant je peux détailler : Pollution, Energies renouvelables, Prix à la pompe, Pénurie de pétrole, etc.

Dans Voyage je peux également détailler : Sécurité routière, GPS, Parcours touristiques, etc.

Dans Design, là encore il y a de la matière : Salon de l’auto, Prototypes, Voitures anciennes, etc.

On le voit, les mots “satellites” ne sont pas nécessairement des rubriques ou des sous-rubriques, mais uniquement des déclencheurs. Ils permettent de libérer l’imagination.

Le but est, une fois que vous avez le sentiment d’avoir au mieux nourri votre mind map, que vous découvriez sous vos yeux une foultitude de sujets, constituant une réserve extraordinaire d’inspiration. Et croyez-moi, je ne suis pas du tout un spécialiste des automobiles.

La mind map est donc, du moins en ce qui me concerne, le meilleur moyen d’anéantir un syndrome bien connu et qui hante ceux qui écrivent - ou qui souhaitent le faire : l’angoisse de la page blanche.

Existe-t-il une écriture “à tiède” ?

Il est bien normal de rechercher un compromis entre la spontanéité de l’écriture à chaud et les longs préparatifs de l’écriture à froid. Et en vérité, je crois que oui, ce compromis existe. Mais il faut quand même fournir un peu d’efforts (désolé…).

D’abord, je crois à plusieurs principes, et en tête de ceux-ci, à celui-là tout particulièrement : s’il est vrai que l’inspiration déclenche l’écriture, l’écriture déclenche elle aussi l’inspiration. Je veux dire par là que plus vous écrirez, moins vous aurez de difficultés à trouver de nouveaux sujets - ou de nouvelles façons de les aborder.

Ensuite, et c’est d’ailleurs tout aussi valable en cas d’écriture à froid, vu que ne vous pouvez pas vous promener 24 heures sur 24 avec votre mind map à proximité de vous, ayez toujours de quoi noter sur vous, où que vous soyez. Une idée vous vient ? Ne commettez pas l’erreur de vous dire : j’écrirai sur le sujet. Il y a de très fortes chances que cette idée s’envole si vous ne la notez pas de suite. Peu importe l’outil que vous utiliserez pour prendre vos notes. Il peut s’agir d’un iPod Touch, d’un PDA ou d’un carnet et un stylo, le tout est que vous notiez sys-té-ma-ti-que-ment vos idées. Personnellement, j’utilise ceci, mais encore fois, l’outil en lui-même n’a aucune forme d’importance, pourvu que vous puissiez sauvegarder vos idées.

Parfois, une simple idée, notée sous la forme d’un mot, ou deux, ou trois, suffit à déclencher un article consistant. Ajoutez à cela le réflexe de la mind map, et vous verrez qu’à force, les idées viendront mieux, et votre écriture sera de plus en plus créative. En ce qui me concerne, mes mind maps sont désormais “virtuelles” (je les visualise et je note en express sur mon carnet, le tout en quelques dizaines de secondes tout au plus). C’est avec l’habitude qu’on y arrive.

Pour votre information, à l’heure où je termine ce billet, il m’a pris moins de 30 minutes à réaliser, préparation incluse.

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10 Réponses

  1. www.fuzz.fr 6 janvier 2009 10:03

    Comment trouver des idées pour écrire…

    L’écriture est en général quelque chose de très personnel. Les méthodes de travail dans ce domaine le sont donc a priori tout autant. Néanmoins, quand il s’agit de trouver un sujet, l’on peut distinguer deux principales méthodes : l’écr…

  2. OSteEL 6 janvier 2009 16:56

    Je n’utilise pas le mind mapping, peut être à tort. Je testerai !

    Pour les plus ouebdeu d’entre vous, un petit “mind mapping online application” sur google vous donnera quelques outils de mind mapping gratuits en ligne, dans les 1ers résultats.
    bubbl.us et mindomo.com ont pas l’air trop mal.

  3. Marc 6 janvier 2009 17:48

    Ah, l’angoisse de la page blanche. Il y a deux secrets à l’écriture:
    1- le carnet à idées : des idées vous en avez (en tout cas moi j’en ai) 25, 30, 100 par jour. Il suffit de regarder autour de soi et de sourire aux situations. Si vous passez en revue votre journée, vous trouverez des dizaines de situations qui valent le coup d’être couchées sur le papier (même électronique). Comme ces idées sont fugaces, il faut les noter tout de suite, d’où le carnet à toujours avoir sur soi (cela peut être un dictaphone ou un PDA). Comme tu le dis, juste noter un ou deux mots suffit à capturer l’idée qui resurgira plus tard
    2- la première phrase : si elle ne vient pas, notez n’importe quoi. C’est le principe de l’écriture automatique chère aux dadaistes. A partir de cette phrase, les idées devraient venir d’elle même.

    Le plus dure reste alors de mettre en plan cette idée et de la développer avec un contexte cohérent, mais ça je laisse Jean en parler…

    et puis quelques-unes des pages blanches que j’ai noircies: http://www.amazon.fr/Bases-de-donn%C3%A9es-Informatique-Internet-Livres/s/qid=1231256623/ref=sr_nr_n_0?ie=UTF8&rs=301131&bbn=407656&rnid=301131&rh=n%3A301061%2Cp%5F27%3AMarc%20Israel%2Cn%3A301131%2Cn%3A407656

  4. Jean 6 janvier 2009 18:14

    @ Osteel > peu importe l’outil (carnet, PDA ou application web 2.0), l’important c’est d’avoir un “support” pour développer les idées.

    @ Marc > la méthode n’est pas mauvaise. J’en ai une seconde, j’en parlerai effectivement un peu plus tard. ;)

  5. Benoit 7 janvier 2009 0:59

    C’est très intéressant, merci. J’espère que tu auras l’occasion de publier sur l’étape suivante : comment convertir ces idées brutes en un article bien ficelé ?
    Car, personnellement, des idées j’en ai, mais j’ai l’impression de passer vraiment trop de temps à les mettre en écriture, à réfléchir sur comment les exposer aux lecteurs.

  6. Pragma 13 janvier 2009 0:44

    Bonsoir,
    une aparté sans en être une d’ailleurs, car je parlerai d’écrit .
    Mais je vois que vous avez une objet “fétiche”, c’est votre carnet Moleskine.
    J’ai découvert l’existence de ce carnet historique ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Moleskine ) dans les romans de Henri Loevenbruck, à savoir ” Le syndrome Copernic ” et ” Le rasoir d’Ockham “.
    Un auteur de roman noir à lire absolument.

  7. [...] livre, d’ailleurs) sans un travail préparatoire important. J’avais déjà évoqué dans un précédent billet l’utilisation du mind map. Cette technique me semble la solution idéale pour être certain [...]

  8. Houda 3 février 2009 18:08

    Je suis entièrement d’accord avec vous.Le mind map, à mon sens, est une technique parfaite contre le blocage des idées. En tant que professeur des techniques d’expression et de communication en français, langue étrangère, je l’ai maintes fois testé avec mes élèves, qui sont fort heureux de constater qu’ils possèdent beaucoup d’idées alors qu’ils se croyaient aride. J’ajouterai une condition essentielle pour la réussite de la carte mentale: c’est l’interdiction de toute censure, de tout jugement, de toute critique conçernant la qualité des idées.Si vous commencez à évaluer vos idées dès le début du travail, le blocage demeurerait. Donnez libre cours à vos idées, laissez les emerger en paix, c’est cette phase qui amène l’originalité. Quand vous serez épuisé, c’est à ce momment là qu’il faut opérer un tri.

  9. ludivine 17 avril 2009 10:25

    moi je ne touvais pas d idées pour ecrire mon texte et j’ai trouver des idées sur ce site web
    et j’etait super comptente et mon prof n y a vus que du feu.

  10. kim 14 juin 2009 2:17

    Trés bon article

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